Mary Parker Follett

Mary Parker Follett, à l’avant-garde du management responsabilisant

Inconnue du grand public, Mary Parker Follett a pourtant, par son approche innovante du management et des ressources humaines, contribué à la mise en évidence de ce que l’on appelle aujourd’hui « l’intelligence collective ». Bien avant l’émergence du « management responsabilisant », et avant même les travaux de Peter Drucker sur ces sujets, Follett prône la différence comme source de richesse dans les équipes, et propose une vision tout à fait originale du leadership. Nous présentons ici quelques-unes des idées avant-gardistes développées par Mary Parker Follet.

Qui est Mary Parker Follett ?

Étudiante en sciences politiques et diplômée en 1898 de l’Université de Radcliffe (l’équivalent de Harvard pour les femmes), Mary Parker Follett est en premier lieu une travailleuse sociale engagée dans la création de centres sociaux dans la ville de Boston et ses banlieues. Elle y crée des services d’éducation populaire, des clubs pour les jeunes et des maisons de quartier destinées notamment à favoriser l’intégration des populations immigrées.

Par cette expérience sur le terrain, elle se forge une vision de la démocratie, de l’individu, des interactions sociales et du fonctionnement des collectivités empreinte d’humanisme et de pragmatisme. La communauté, la diversité et l’intégration continuent d’imprégner fortement son approche lorsqu’elle se consacre finalement au conseil en management dans les années 1920 et jusqu’à son décès en 1933.

La responsabilisation

Mary Follett évoque l’importance des « relations humaines » au travail et amène ainsi une vision humaniste de l’entreprise.  Les travaux en management de Mary Parker Follett portent notamment sur le pouvoir et la responsabilisation. L’Organisation Scientifique du Travail (le « Taylorisme »), dominante alors dans les entreprises, prône le contrôle de l’activité des ouvriers comme façon d’améliorer la productivité (« le pouvoir sur »). À l’inverse, Mary défend une autre forme de pouvoir, « le pouvoir avec », amenant à la concertation, la coopération et l’autonomie des collaborateurs, et ce à tous les niveaux de l’entreprise.  Elle écrit à ce sujet : « La responsabilisation est le grand révélateur des possibilités de l’homme ». Cette vision du pouvoir partagé et cette recherche de responsabilisation des collaborateurs sont à l’origine de ce qui sera nommé bien plus tard le  « management libéré ».

La richesse de la diversité

Pour Mary Parker Follet, la diversité est une richesse que la société ne peut pas se permettre de négliger. Chaque individu a un parcours de vie, une expérience, des compétences, des forces et une vision du monde qui lui sont propres et qui constituent son apport unique à la communauté.

L’acceptation des différences de chacun dans une intégration respectueuse, permet non seulement à l’individu d’exister, mais également à la collectivité de fonctionner et de prospérer. « Ce que la démocratie nous enseigne, c’est que l’expérience de tous est nécessaire », dit-elle. On retrouve là les fondements de l’intelligence collective et du management inclusif.

Le leadership

Enfin, chez IDAE, nous avons également été séduits par la vision très actuelle du leadership que Mary Follett propose. Dans l’approche de Follett, le leader est loin de cet homme ou cette femme charismatique qui exerce l’autorité sur ses collaborateurs. L’autorité doit au contraire être diffuse et répartie tout le long de la structure hiérarchique et fonctionnelle.

Pour conclure ces quelques lignes, nous ne résistons pas à l’envie de partager deux citations de Mary Parker Follett particulièrement inspirantes.

« Le meilleur leader n’a pas de suiveurs, mais des hommes et des femmes qui travaillent avec lui. »

« Le leadership ne se définit pas par le fait d’exercer le pouvoir, mais par la capacité à accroître le sentiment de pouvoir chez ceux qui sont dirigés. Le travail le plus essentiel du leader est de créer plus de leaders. »

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