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Quand le management se nourrit des neurosciences

Le cerveau et plus généralement le système nerveux n’ont pas fini de nous étonner. Les neurosciences nous apportent aujourd’hui des éclairages sur leur fonctionnement et valident des hypothèses qui interrogent nos pratiques managériales. Quelles sont donc ces découvertes scientifiques qui permettent au management d’évoluer ? Et que faut-il en retenir ? C’est ce que nous vous proposons de découvrir dans cet article !

Neurosciences et management : quel rapport ?  

Les neurosciences étudient le système nerveux, c’est-à-dire le cerveau, les nerfs périphériques et la moelle épinière, d’un point structurel (organes, molécules, cellules, etc.) et fonctionnel (physiologique et cognitif).

Comme le système nerveux contrôle l’ensemble de notre corps, il joue – sans que nous en ayons forcément conscience – un rôle essentiel dans toutes nos activités du quotidien : nos mouvements et déplacements, nos perceptions et sensations, nos interactions avec notre environnement, etc.

C’est pourquoi la compréhension toujours plus fine de ses mécanismes apporte du grain à moudre à d’autres champs d’études comme le management et ses pratiques de communication, de gestion de stress ou de gestion des relations interpersonnelles.

Les applications sont multiples et il serait présomptueux de vouloir être exhaustif dans cet article. Aussi, nous avons choisi de nous concentrer sur deux domaines d’exploration : les impacts du stress et la découverte de la neuroplasticité.

Stress : ce que disent les neurosciences

Le stress a un impact significatif sur le système nerveux et les neurosciences ont permis de mieux en comprendre les mécanismes sous-jacents.

Les deux composantes principales du système nerveux, le système nerveux orthosympathique (ou sympathique) et le système nerveux parasympathique interagissent pour réguler les réponses du corps au stress. Ainsi, en réponse à une situation stressante, le système nerveux sympathique est activé, déclenchant ce qu’on appelle la réponse de lutte ou de fuite. Simultanément, le système nerveux parasympathique, responsable de la détente et de la récupération, est inhibé. Le stress entraîne également la libération d’une hormone appelée cortisol, qui aide à réguler le métabolisme et à mobiliser l’énergie nécessaire pour faire face à une situation stressante.

Excès de cortisol et dérèglement du système nerveux autonome

Le stress chronique peut perturber l’équilibre entre les systèmes nerveux sympathique (lutte ou fuite) et parasympathique (repos et récupération).  Les neurosciences ont en effet mis en exergue qu’une exposition fréquente et prolongée au cortisol est néfaste pour l’organisme et affecte le système immunitaire, le système digestif et le système cardiovasculaire. Un impact important est également constaté au niveau de la fonction cérébrale, altérant la plasticité neuronale et les fonctions cognitives, y compris la mémoire et la concentration.

Ces déséquilibres, s’ils ne sont pas pris en compte à temps, peuvent entraîner l’individu vers le burn-out, comme nous l’expliquions dans un article précédent.

Des solutions pour réguler le stress et ses effets sur le corps

Si les effets néfastes du stress sur le système nerveux ont été démontrés, les neurosciences ont également mis en lumière que certaines pratiques lui étaient favorables.

Ainsi, des techniques respiratoires qui stimulent explicitement le système nerveux parasympathique peuvent avoir un effet immédiat d’apaisement et de soulagement des émotions liées au stress. Ces pratiques rendent alors possible la diminution du taux de cortisol dans l’organisme. La cohérence cardiaque, qui correspond à une mobilisation symétrique des deux composantes du système nerveux autonome, peut être induite par la respiration, mais aussi par des approches axées sur l’invocation consciente d’émotions positives telles que la joie, la connexion à la nature ou l’amour de ses enfants.

Les études neuroscientifiques tendent également à prouver que des personnes pratiquant régulièrement une activité méditative sont moins sensibles aux déséquilibres du système nerveux.

Comment appliquer ces connaissances au management ?

Avec cet éclairage, il semble important de faire évoluer nos pratiques vers un management qui préserve les collaborateurs d’un stress intense prolongé. Ainsi, des horaires et une cadence de travail soutenables, l’établissement d’objectifs réalistes et une communication transparente et saine sont autant d’éléments qui permettront de réguler la pression et d’éviter la « surchauffe ».

Rappelons toutefois ici que le stress n’est pas mauvais en soi.

Au contraire, un stress ponctuel et modéré est stimulant et permet la mobilisation d’un niveau d’énergie et de concentration optimal. Par exemple, un délai un peu serré sans être intenable peut devenir un défi motivant pour une équipe. L’alternance de cycles en « rythme de croisière » et de « coups de feu » permet de modeler en douceur la structure neuronale des équipes afin qu’elles développent une meilleure résistance à ces périodes plus intenses.

De même, un stress choisi est un moteur de développement. Sortir de notre zone de confort revient à solliciter l’adaptation de notre structure cérébrale et l’acquisition de nouvelles compétences qui pouvaient sembler hors d’atteinte. C’est ainsi qu’un grand timide peut apprendre à animer un comité de pilotage ou qu’un équipier impulsif peut augmenter son capital patience !

Ce qui nous amène à la récente découverte par les chercheurs d’une particularité de nos synapses…

La découverte de la neuroplasticité

La neuroplasticité est l’incroyable aptitude de notre cerveau à se réorganiser et à s’adapter en fonction de notre expérience vécue et de notre environnement. Elle suggère que le cerveau est capable de changer structurellement et fonctionnellement en réorganisant ses connexions neuronales. C’est grâce à la plasticité de notre architecture de neurones que nous sommes capables, par exemple, d’apprendre à écrire de la main gauche quand nous avons le poignet droit immobilisé pendant un long moment, que nous nous adaptons à de nouvelles conditions de travail et faisons face aux défis et à l’adversité.

Cette découverte apporte de l’eau au moulin des managers qui peuvent s’appuyer sur la plasticité cérébrale avec différents objectifs :

  • Accompagner le changement : le management peut créer les conditions favorables au changement afin de mieux gérer les transitions et les transformations au sein de l’organisation.
  • Soutenir l’innovation : l’esprit est capable de réfléchir différemment et de manière créative si le climat de travail encourage la prise de risques et l’exploration.
  • Développer les savoir-faire et améliorer les performances individuelles : en adoptant une posture de manager-coach et en aidant les collaborateurs à dépasser leurs blocages et à repousser leurs limites, il est possible d’optimiser la montée en compétences et en performance des équipes.
  • Proposer un « leadership émotionnel » : les managers peuvent développer des aptitudes émotionnelles au sein du collectif afin de renforcer le niveau de confiance et d’encourager la résilience et l’apprentissage à partir des expériences traversées, qu’elles soient des réussites ou des échecs.

Faire évoluer vos pratiques managériales

Ces récentes avancées des neurosciences nous amènent à faire progresser nos pratiques managériales. Si les équipes sont préservées du « mauvais stress » tout en bénéficiant d’un environnement challengeant qui favorise les apprentissages, il est possible de tirer profit de la souplesse cérébrale.

Pour conclure, nous ajouterons un point qui nous est cher chez IDAE : il s’agit, pour le manager, de créer un environnement physique, organisationnel et relationnel propice au bien-être et à la croissance individuels. Le sentiment de confiance et de respect, le droit à l’erreur, l’absence de stigmatisation de l’échec sont autant de facteurs qui diminuent le stress et stimulent la réorganisation cérébrale pour une performance et une satisfaction au travail accrues.

Envie de travailler à améliorer vos compétences managériales ? Nous vous invitons à prendre contact avec l’un de nos consultants !

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